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Le premier grand chantier, Vézelay

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DE 1840



Église de la Madeleine, façade ouest (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Église de la Madeleine, façade ouest (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN




Le premier grand chantier des Monuments historiques, l'église de la Madeleine de Vézelay

C'est en août 1834, au cours de son voyage vers le sud de la France, que Mérimée découvre en Bourgogne l'église abbatiale de Vézelay. Immédiatement il alerte le ministre de l'Intérieur sur l'état du monument : "il me reste à parler des dégradations épouvantables qu'a subies cette magnifique église. Les murs sont déjetés, pourris par l'humidité. On a peine à comprendre que la voûte toute crevassée subsiste encore. Lorsque je dessinais dans l'église, j'entendais à chaque instant des petites pierres se détacher et tomber autour de moi… enfin il n'est aucune partie de ce monument qui n'ait besoin de réparations… Si l'on tarde encore à donner des secours à la Madeleine, il faudra bientôt prendre le parti de l'abattre pour éviter des accidents".
Dès l'année suivante la Commission obtient un crédit de 80.000 F pour la restauration de l'édifice. Plusieurs architectes, dont Caristie et Duban, se récusent.

Église de la Madeleine, façade sud (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Église de la Madeleine, façade sud (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

La restauration de Viollet-le-Duc

Mérimée fait alors appel à un jeune architecte de vingt-cinq ans, neveu de son ami le peintre Étienne Delécluze et nommé depuis peu auditeur au Conseil des bâtiments civils, Eugène Viollet-le-Duc. La Commission lui commande un rapport de restauration qu'elle approuve le 29 mars 1840.

Les travaux commencent aussitôt et se poursuivent jusqu'en 1859. L'architecte reconstruit les arcs-boutants, les voûtes des quatrième, cinquième et sixième travées de la nef, rétablit les voûtes romanes des quatre dernières travées refaites au XIIIe siècle, reprend en sous-œuvre la pile soutenant la tour sud, restaure la façade ouest et le chœur. Outre les devis et rapports, Viollet-le-Duc a réalisé de très beaux dessins permettant de comprendre son parti de restauration.
La Commission suit de près les travaux de Vézelay et ses membres se rendent sur place en 1851. Ce sauvetage, exécuté avec prudence et habileté, est loué par Vitet et Lenormant.

Église de la Madeleine, coupe sur la façade ouest (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Église de la Madeleine, coupe sur la façade ouest (avant restauration), aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Église de la Madeleine, narthex, projet de restauration, aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Église de la Madeleine, narthex, projet de restauration, aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

La polémique

Lors des vives critiques du député de l'Yonne, Garnier, sur la conduite du chantier, Mérimée prend la défense de Viollet-le-Duc : "Je vous rappellerai seulement" écrit-il à Vitet dans une lettre du 5 juin 1847 "que le travail critiqué a été exécuté conformément à l'avis de la commission et conformément au système de consolidation proposé par Caristie. Les travaux vont bien d'ailleurs. L'église reprend de la vie et si l'on avait de l'argent, tout serait fini en deux campagnes."
Commencée en 1840, la collaboration de Viollet-le-Duc avec Mérimée, dont il devient l'ami, ne s'éteindra qu'à la mort des protagonistes.

Église de la Madeleine, peinture pour le portail, aquarelle par Eugène Viollet-le-Duc, 1840. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN