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DE 1840



La Commission des monuments historiques
Dessin représentant la Commission des monuments historiques au travail vers la fin du XIXe. Médiathèque de l'architecture et du Patrimoine © CMN

Dessin représentant la Commission des monuments historiques au travail vers la fin du XIXe. Médiathèque de l'architecture et du Patrimoine © CMN

Afin d'aider l'inspecteur général dans ses missions, le ministre de l'Intérieur crée, le 29 septembre 1837, la Commission des monuments historiques dont le président Vatout est aussi celui du Conseil des bâtiments civils. Elle est composée d'archéologues comme Leprévost et le baron Taylor, d'architectes comme Caristie et Duban et de politiques comme le comte de Montesquiou. Mérimée en est le secrétaire jusqu'en 1839, il est alors remplacé par Grille de Beuzelin.
Ses missions, régies par la circulaire du 19 février 1841, sont les suivantes : elle examine toutes les demandes de subventions et de travaux, dresse la liste des édifices qui méritent d'être classés, donne son avis sur toute modification apportée à un bâtiment classé, peut proposer l'achat d'un édifice en danger. Pour ce faire, elle s'appuie sur un réseau de correspondants désignés par elle et issus des sociétés savantes qui l'informent des découvertes, des édifices en danger et des travaux réalisés dans de mauvaises conditions. Pour mieux juger de la pertinence des projets qui lui sont soumis, elle exige des architectes des rapports et des plans. Projets et devis sont classés par ordre d'urgence.
Devant la difficulté de répartir les crédits, la Commission adopte rapidement la doctrine suivante : attribution d'allocations peu élevées pour inciter les propriétaires à sauvegarder leurs monuments, secours en attendant des travaux futurs. Le reste des crédits est destiné aux grandes restaurations de "monuments types" comme l'église de Vézelay ou la Cité de Carcassonne.

Les architectes attachés à la Commission

Les premiers travaux sur les édifices classés sont effectués par des architectes locaux. Mais la qualité diverse, souvent médiocre de leurs travaux due à la méconnaissance de l'architecture médiévale incite Mérimée et la Commission à faire appel, à partir de 1840, à des architectes parisiens ayant étudié l'architecture du Moyen Âge. Ces architectes sont recrutés par cooptation, après avoir fait leurs preuves sur les chantiers comme inspecteurs des travaux, jusqu'en 1893, date du premier concours d'architecte en chef des Monuments historiques. C'est ainsi qu'au XIXe siècle, l'église de la Madeleine de Vézelay et la Cité de Carcassonne sont confiées à Eugène Viollet-le-Duc, l'abbaye de Moissac, l'église Saint-Maurice de Vienne et les monuments antiques de Nîmes et d'Arles à Charles Questel, Saint-Pierre de Lisieux à Édouard Danjoy, le château de Blois à Félix Duban, l'ancienne cathédrale de Laon à Émile Boeswillwald et les abbayes cannaises à Victor Ruprich-Robert.
Mérimée visite régulièrement les chantiers et ne manque pas de critiquer les travaux, tout en prenant la défense des architectes du Service lorsqu'ils sont attaqués.