INTRODUCTION
 L'œuvre littéraire de Mérimée est de dimensions relativement modestes : le Théâtre de Clara Gazul, neuf saynètes, cinq autres pièces de théâtre, la Chronique du règne de Charles IX, un roman, La Guzla, recueil de trente-cinq poésies "illyriques" et, surtout, des nouvelles, genre où il excelle, et qui exige une composition resserrée, une écriture condensée. Aussi bien par les proportions de l'ensemble de sa création que par les cadres esthétiques qu'il affectionne, Mérimée met en œuvre une esthétique du peu. Ce choix ne déplaît pas aux lecteurs : de nos jours encore, les élèves des collèges et des lycées lisent Mateo Falcone (1829), La Vénus d'Ille (1837), Colomba (1840), Carmen (1845), et le fait que les nouvelles de Mérimée ne cessent d'être rééditées dans toutes les collections de poche prouve que le public continue à les lire. Pourtant, depuis les années 1970, les critiques se sont détournés de lui, au point que de nos jours, privé du soutien des modes intellectuelles, tout un pan de sa création est méconnu, quand il n'est pas tout simplement ignoré. |