Mme Gabriel Delessert, née Valentine de Laborde, aquarelle de Mme Odier

Mme Gabriel Delessert, née Valentine de Laborde, aquarelle de Mme Odier
Valentine de LABORDE (1806-1894)
Mme Gabriel DELESSERT


Petite-fille du célèbre financier, le marquis Jean-Joseph Laborde, fille du comte Alexandre de Laborde (1773-1842), homme politique et archéologue, auteur du Voyage pittoresque et historique en Espagne (1807-1818) et des Monuments de la France (1816-1826), elle a épousé en 1824 Gabriel Delessert (1786-1858), issu, lui aussi, d'une grande famille de financiers. Sous la Monarchie de Juillet, Gabriel Delessert est préfet de l'Aude, puis d'Eure-et-Loir et, enfin, préfet de Police de Paris, poste qu'il ne quittera que lors de la Révolution de février 1848.
Dans leur propriété de Passy, Valentine Delessert tient l'un des salons les plus distingués de Paris, lieu de rendez-vous de l'élite culturelle.
De 1836 à la fin des années 1840, Mérimée vécut un amour heureux avec cette femme pourvue des "trente-six qualités physiques recommandées par Brantôme et des qualités morales que ce cochon-là ne savait pas apprécier" (lettre à Requien, [avril 1836], CG, II, 24).
La famille DELESSERT


Édouard Delessert, dessin par AS © Bibliothèque nationale de France

Édouard Delessert, dessin par AS © Bibliothèque nationale de France
Édouard DELESSERT (1828-1898)

Fils de Valentine Delessert, il entreprend des études de droit, accompagne Félicien de Saulcy dans son voyage à la Mer morte, collabore à la Revue de Paris de 1851 à 1858, puis se lance dans les affaires, y perd une grande partie de sa fortune et dilapide le reste. Spirituel, intelligent, c'est un touche-à-tout talentueux. Mérimée guide ses premiers pas d'écrivains ; dans les lettres qu'il adresse à son jeune disciple, il fixe par écrit quelques-uns de ses principes esthétiques.
Cécile DELESSERT (1825-1887)

Fille de Valentine Delessert, dans son enfance, elle est la camarade de Paca et d'Eugenia Montijo, introduites dans la maison par Mérimée. En 1847, elle épouse Alexis de Valon (né en 1818), auteur du Châle vert et d'autres nouvelles appréciées à l'époque, et qui se noie dans un étang, en 1851. On a gardé d'elle des dessins, en particulier un portrait de Mérimée.
Mathilde de LABORDE (1815-1904)
Mme ODIER


Sœur de Valentine Delessert, épouse d'Édouard Odier, issu d'une famille de banquiers genevois. Lui-même peintre, élève d'Ingres, il nous a laissé des portraits d'Eugénie. Mérimée a offert à Madame Odier le manuscrit de Il viccolo di Madama Lucrezia, conservé actuellement à la Bibliothèque nationale de France.
Alexandrine (dite Aline) de LABORDE (1811-1885)
Mme BOCHER


Sœur de Valentine Delessert, elle épouse en 1834 Édouard Bocher, homme politique, haut fonctionnaire. Nommé administrateur des biens de la famille d'Orléans, il s'opposa au décret de spoliation de 1852, ce qui l'amena à partager son séjour à la Conciergerie avec Mérimée, emprisonné à la même époque pour l'affaire Libri.