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| Cannes, les hivers, la mort |
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À partir de 1856, Mérimée passe ses hivers sur la côte d'Azur ; à Nice, puis à Cannes, séjour recommandé par ses médecins pour tenter d'alléger ses difficultés respiratoires, symptômes d'asthme ou d'emphysème. À Tourgueniev, le 28 février 1867 : "Lorsqu'on a passé quarante ans, il faut se tenir au soleil le plus qu'on peut. Il n'y a pas de médecin qui le vaille. Je serais déjà mort, enterré et remplacé à l'Académie, si je n'avais compris la sagesse des hirondelles qui changent de pays suivant les saisons."
Comme à Paris, les sœurs Lagden veilleront à son ménage : "A notre âge il faut avoir plusieurs femmes qui prennent soin de vous. Ces deux-là sont toutes bonnes, dévouées et n'ont pas peur d'un cigare." (Lettre à Édouard Childe, 24 novembre 1857.) |
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Dans la mesure, de plus en plus limitée, où la maladie le lui permet, il continue à mener une vie mondaine sur la Côte d'Azur. Il rend des visites et invite ses amis, tel Cousin, dans sa demeure hivernale. Les moyens de transport pour accéder à Cannes étant hasardeux, il se réjouit de la création d'une ligne de chemin de fer… pour avoir à déplorer très vite que l'installation de celle-ci en bord de mer défigure le paysage. |
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Sa maladie s'aggrave, bronchites réitérées, étouffements permanents. Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Le 23, l'Impératrice est nommée régente. Lettre de Mérimée à Mme de Rayneval, du 5 août 1870 : "Depuis un mois, j'ai les pieds et les jambes comme un éléphant." Les 18 et le 20 août, pourtant, il se rend chez Thiers dont il tente, sans succès, de rapprocher les vues de celles de l'Impératrice. Il arrive à Cannes, épuisé, le 11 septembre. Le 13, il écrit à Mme de Beaulaincourt : "J'ai toute ma vie cherché à être citoyen du monde avant d'être Français, mais ces manteaux philosophiques ne servent à rien. Je saigne aujourd'hui des blessures de ces imbéciles de Français, je pleurs de leurs humiliations, et, quelque ingrats et absurdes qu'ils soient, je les aime toujours."
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| Il meurt le 23 septembre 1870. Béni par un pasteur protestant, il est inhumé au cimetière anglais de Cannes. Fanny Lagden partagera sa tombe. |
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Paris apprend sa mort d'un article du Times. Le 23 mai 1871, la maison du 52, rue de Lille, qu'il a habitée, est incendiée. De ses manuscrits, lettres, livres, objets, rien n'est resté. |
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