Un jeune homme qui aime les femmes
Prosper Mérimée vers 1830, aquarelle par un artiste anonyme de l'école anglaise. Musée Carnavalet © PMVP / Ladet

Prosper Mérimée vers 1830, aquarelle par un artiste anonyme de l'école anglaise. Musée Carnavalet © PMVP / Ladet


À sept ans, apprenant le mariage de mademoiselle Dubost, une élève de sa mère, il vit son premier chagrin d'amour.

Ses années de jeunesse se passent dans une intense recherche de plaisir, souvent auprès de femmes légères. Dans des lettres adressées à ses amis Stendhal ou Sutton Sharpe, il commente ses expériences, plus d'une fois faites en compagnie, celle de Musset, Delacroix et d'autres, avec une liberté d'expression qui ne manquera pas de choquer la postérité. Lui-même résumera ainsi cette période de sa vie : "Étant devenu un très grand vaurien, j'ai vécu sur mon ancienne bonne réputation… Après être redevenu très normal, je passe encore pour vaurien. En vérité, je ne crois pas l'avoir été plus de trois ans et je l'étais non de cœur, mais uniquement par tristesse, et un peu peut-être par curiosité."
Deux femmes, debout, tournées vers la gauche dans un lieu de rencontre, dessin par Constantin Guys. Musée du Louvre © RMN

Deux femmes, debout, tournées vers la gauche dans un lieu de rencontre, dessin par Constantin Guys. Musée du Louvre © RMN


On lui connaît à cette époque deux liaisons importantes. De 1827 à 1832, il a été l'amant d'Émilie Lacoste, à qui son mari avait bien voulu passer Joseph Bonaparte, mais non pas Mérimée qu'il provoqua en duel. De 1831 à 1836, il entretient une liaison assez constante avec Céline Cayot, une actrice des Variétés, "personne très singulière, ayant de la vertu à sa façon" (Lettre à Lise Przezdziecka, 27 octobre 1866).
Parmi les rencontres éphémères, la postérité retient son "fiasco" en avril 1833 avec George Sand, qui les laissera l'un et l'autre amers.
Parallèlement à ces amours, débute une liaison sentimentale majeure. Une admiratrice inconnue, s'annonçant sous le nom de lady Algernon Seymour, lui adresse des lettres. Sous ce pseudonyme se cache la fille d'un notaire de Boulogne, Jenny Dacquin.
George Sand, Marie d'Agoult,  dessin aquarellé de  Mathilde Odier dans son album © Bibliothèque de l'Institut de France, Ms. 4339 Jenny Dacquin. Tous droits réservés

George Sand, Marie d'Agoult, dessin aquarellé de Mathilde Odier dans son album © Bibliothèque de l'Institut de France, Ms. 4339

Jenny Dacquin. Tous droits réservés

Ils se voient en 1832, et désormais, jusqu'à la mort de Mérimée, ils entretiendront une relation stable et profonde, du genre de l'"amitié amoureuse". En 1874, sous le titre de Lettres à une inconnue, la destinataire publiera deux volumes de correspondance de son illustre ami, permettant ainsi à la postérité de découvrir un Mérimée "sensible".